Invictus

Ecrit par Patrick le 24 avril 2008 – 1:52 -

De la nuit qui m’enveloppe,
Noire comme l’enfer d’un pôle à l’autre,
Je remercie quelque dieux qui existent
De m’avoir donné une âme invincible.

Dans les moments cruels de mon existence,
Je n’ai pas bronché ni hurlé.
Sous les durs coups du sort,
Ma tête saigne, mais demeure haute.

Au-delà de cette vallée de courroux et de larmes
Se dessine seulement l’horreur de l’ombre,
Et pourtant la menace des années
Ne me fait et ne me fera jamais peur.

Quelles que soient l’étroitesse de la porte,
Et la lourdeur du châtiment,
Je suis le maître de mon destin;
Je suis le capitaine de mon âme.

William Ernest Henley


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Accuser les autres

Ecrit par Patrick le 6 avril 2008 – 10:06 -

C’est drôle ce besoin qu’ont les gens d’accuser les autres d’avoir gâché leur existence. Alors qu’ils y parviennent si bien eux-mêmes, sans l’aide de quiconque.

Amélie Nothomb


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Les Gros Cailloux…

Ecrit par Patrick le 30 mars 2008 – 11:29 -

Cailloux par Tangi BertinUn jour, un vieux professeur de l’École nationale d’administration publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines. Ce cours constituait l’un des cinq ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n’avait donc qu’une heure pour “passer sa matière “.
Debout, devant ce groupe d’élite (qui était prêt à noter tout ce que l’expert allait enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit :

“Nous allons réaliser une expérience”.

De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot Mason d’un gallon (pot de verre de plus de 4 litres) qu’il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux a peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :

“Est-ce que ce pot est plein ?”.

Tous répondirent : “Oui”.

Il attendit quelques secondes et ajouta : “Vraiment ?”.

Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.

Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda :

“Est-ce que ce pot est plein ?”.

Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège.

L’un d’eux répondît: “Probablement pas !”.

“Bien !” répondit le vieux prof.

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table une chaudière de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda :

“Est-ce que ce pot est plein ?”.

Cette fois, sans hésiter et en choeur, les brillants élèves répondirent :

“Non !”.

“Bien !” répondît le vieux prof.

Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’à ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda :

“Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ?”

Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondît :

“Cela démontre que même lorsque l’on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire”.

“Non” répondit le vieux prof.

“Ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous ensuite”.

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos.

Le vieux prof leur dit alors :

“Quels sont les gros cailloux dans votre vie ?”
“Votre santé ?”
“Votre famille ?”
“Vos ami(e)s ?”
“Réaliser vos rêves ?”
“Faire ce que vous aimez ?”
“Apprendre ?”
“Défendre une cause ?”
“Relaxer ?”
“Prendre le temps… ?”
“Ou… toute autre chose ?”

“Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir…sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.

Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-même la question :

“Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie ?”

Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot.”

D’un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et lentement quitta la salle.


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Enseigner l’Indépendance

Ecrit par Patrick le 1 novembre 2007 – 3:41 -

C’est une oeuvre de longue haleine que d’enseigner l’indépendance, de la soutenir par une affection dispensée sans réserve, d’ôter la peur de soi et de promouvoir en chacun cette créativité qui est la vraie richesse humaine. La mutation de civilisation à laquelle nous assistons, a plongé dans le désarroi une multitude de gens si accoutumés d’être assistés, guidés, gouvernés, qu’ils ne conçoivent d’autre changement d’existence que le choix d’autres jougs.

Raoul Vaneigem


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Les 3 Portes de la Sagesse

Ecrit par Patrick le 22 juin 2007 – 13:05 -

Bonfire Memorial par Steven WilkeUn Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.

« Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie » demanda le Prince.

« Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable » répondit le Sage.

« Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.»

Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie.

Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire : «CHANGE LE MONDE».

« C’était bien là mon intention » pensa le Prince « car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas.»

Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent.
Bien des années passèrent.

Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :
« Qu’as-tu appris sur le chemin ? »

« J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas ».

« C’est bien » dit le Vieil Homme.
« Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise. »
Et il disparut.

Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire : « CHANGE LES AUTRES ».
« C’était bien là mon intention » pensa-t-il. « Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration. »
Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts.

Ce fut là son deuxième combat.

Bien des années passèrent. Un jour, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
« Qu’as-tu appris sur le chemin ? »

« J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses. »

« Tu as raison » dit le Sage. « Par ce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir. »
Et le Vieil Homme disparut.

Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots : « CHANGE-TOI TOI-MEME».

« Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire » se dit-il.
Et il entama son 3ème combat.

Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal.

Après bien des années de ce combat où il connut quelques succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :
« Qu’as-tu appris sur le chemin ? »

« J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser.»

« C’est bien » dit le Sage.

« Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise. »

« C’est justement ton prochain apprentissage » dit le Vieux Sage. « Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. »
Et il disparut.

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait : « ACCEPTE-TOI TOI-MEME. »

Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens.
« Quand on combat on devient aveugle » se dit-il.

Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer.
Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :
« Qu’as-tu appris sur le chemin ? »

« J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement. »

« C’est bien » dit le Vieil Homme, « c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème porte. »

A peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut, au loin, la face arrière de la seconde porte et y lut : « ACCEPTE LES AUTRES ».

Tout autour de lui, il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il avait aimées, comme celles qu’il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues, et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu.

Il rencontra à nouveau le Vieux Sage.
« Qu’as-tu appris sur le chemin ? » demanda ce dernier.

« J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement. »

« C’est bien» dit le Vieux Sage. « C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte ».

Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut : « ACCEPTE LE MONDE ».
« Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois ».

Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose, par leur perfection. C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
« Qu’as-tu appris sur le chemin ? »

« J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là. Il existe. C’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement. »

« C’est la 3ème Sagesse » dit le Vieil Homme. « Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde. »

Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita.

Charles Brulhart, décembre 1995
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