Les Gros Cailloux…

Ecrit par Patrick le 30 mars 2008 – 11:29 -

Cailloux par Tangi BertinUn jour, un vieux professeur de l’École nationale d’administration publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines. Ce cours constituait l’un des cinq ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n’avait donc qu’une heure pour “passer sa matière “.
Debout, devant ce groupe d’élite (qui était prêt à noter tout ce que l’expert allait enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit :

“Nous allons réaliser une expérience”.

De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot Mason d’un gallon (pot de verre de plus de 4 litres) qu’il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux a peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :

“Est-ce que ce pot est plein ?”.

Tous répondirent : “Oui”.

Il attendit quelques secondes et ajouta : “Vraiment ?”.

Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.

Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda :

“Est-ce que ce pot est plein ?”.

Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège.

L’un d’eux répondît: “Probablement pas !”.

“Bien !” répondit le vieux prof.

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table une chaudière de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda :

“Est-ce que ce pot est plein ?”.

Cette fois, sans hésiter et en choeur, les brillants élèves répondirent :

“Non !”.

“Bien !” répondît le vieux prof.

Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’à ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda :

“Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ?”

Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondît :

“Cela démontre que même lorsque l’on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire”.

“Non” répondit le vieux prof.

“Ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous ensuite”.

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos.

Le vieux prof leur dit alors :

“Quels sont les gros cailloux dans votre vie ?”
“Votre santé ?”
“Votre famille ?”
“Vos ami(e)s ?”
“Réaliser vos rêves ?”
“Faire ce que vous aimez ?”
“Apprendre ?”
“Défendre une cause ?”
“Relaxer ?”
“Prendre le temps… ?”
“Ou… toute autre chose ?”

“Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir…sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.

Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-même la question :

“Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie ?”

Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot.”

D’un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et lentement quitta la salle.

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40 Commentaires à “Les Gros Cailloux…”

  1. Patrick Dit:

    Et quel est votre PREMIER gros caillou ?

    Celui que vous devez mettre en PREMIER dans le bocal, sinon il risque de ne plus pouvoir y entrer ?

    Quelle est la priorité de vos priorités ?

    Bien que je nous croie tous différends, sur cette question-là il me semble que nous avons tous la même réponse.

    A vos claviers…

  2. Pomme Dit:

    Je crains de ne pas avoir la réponse …
    Si je réponds : ma vie, je passe pour une égoïste puisque je ne fais pas passer mes enfants en premier,
    Si je réponds la vie de mes enfants, je n’ai rien compris puisque leur vie est, pour le moment, liée à la mienne…

    Ou alors, mon bien être car du mien, dépend celui de mes enfants…

    Allez, va pour mon bien être !

    Pomme

  3. Patrick Dit:

    Faut-il s’occuper de son bien-être dans l’intérêt de celui de nos enfants ?

    Peut-on s’occuper de son bien-être sans être taxé d’égoïste ?

  4. Pomme Dit:

    Je l’ignore, tout ce que je sais, c’est que si je cherche à être bien, mes enfants le seront aussi et personne n’est apte à me juger concernant mon comportement !
    Je n’attache pas beaucoup d’importance au “qu’en dira-t-on” ; sauf si je fais quelque chose qui peut nuire à mes enfants.
    Habitant dans un petit village, il vaut mieux vivre chez soi … et en montrer le moins possible. Les gens s’ennuient tellement …
    ;-)
    Pomme

  5. Patrick Dit:

    Pomme,

    Avant d’aller plus loin, je tiens à vous prévenir…

    Je considère que cette question est fondamentale et je suis intransigeant quand à la qualité de la réponse apportée.

    Tant que je ne suis pas convaincu par celle-ci, je me fait un plaisir de jouer le pénible, le provocateur, le taquin, le trouble-fête afin d’aider à la prise de conscience.

    Bien sûr vous n’êtes pas obligée de me suivre dans cette voie…

    Alors dans l’ordre :

    - “Allez, va pour mon bien être !” : ça me semble un peu mou comme réponse et je ne vous sent pas vraiment convaincu, ni convaincante d’ailleurs…

    - “tout ce que je sais, c’est que si je cherche à être bien, mes enfants le seront aussi” : quand vous écrivez ceci, votre premier gros cailloux c’est quoi, votre bien-être, vos enfants, où le bien-être de vos enfants ?

    - “Je n’attache pas beaucoup d’importance au “qu’en dira-t-on””
    - “Habitant dans un petit village, il vaut mieux vivre chez soi … et en montrer le moins possible.”

    Ne serait-ce pas un peu paradoxal ? Oui, je sais c’est dans la nature féminine, mais quand même ?

    Au plaisir de votre réponse (j’espère).

  6. Laëtitia Dit:

    Mon premier cailloux à moi serait mon bien être.

  7. Pomme Dit:

    Je vais tenter de m’appliquer …
    et d’être franche.
    Je reconnais que parfois, ça me pèse d’avoir à gérer seule mes enfants - les pères en étant détachés - et que j’aspire à de la liberté. Je reconnais qu’il n’est pas simple de conjuguer le plaisir égoïste et le bonheur que l’on souhaite apporter à nos enfants.
    Je suis longtemps partie du principe que j’avais subi cette situation, sans la vouloir et ça me mettait dans des colères épouvantables.

    Le temps aidant, je ne rends plus personne responsable de la situation, je l’assume, point.

    J’ai toujours autant de mal à faire des choix puisqu’ils ne dépendent pas que de moi, à mon grand désarroi quelquefois. Mais je fais en sorte d’aller bien, alors, je pense pouvoir dire que j’ai envie de privilégier mon bien être mais pas au détriment de celui de mes enfants.

    La fatigue est omniprésente chez moi, mais je sais que c’est une fatigue morale, face à des solutions que je n’ai pas toujours pour régler les soucis inhérents à la vie de maman et de célibataire.

    Je tentais ce matin de régler un soucis importante dans notre quotidien : mon petit avait pris l’habitude de dormir dans sa chambre ici, les grands dans la leur. Un épisode trés fâcheux un week end chez son père a fait qu’il a été traumatisé et refuse depuis plus d’un an de dormir dans une chambre seule.

    Je connais le désarroi du grand qui est obligé de “supporter” son petit frère dans sa chambre et pourtant, je n’ai toujours pas trouvée la solution.

    Alors, j’ai envie de répondre au final, après ce grand déballage (!!), que j’ai envie de mon bien être en tant que mère et en tant que femme.

    Euh, c’est bien ça ? ;-)

    Pomme

  8. Patrick Dit:

    Laetitia : c’est bien, on voit que vous vous rappelez de la petite fleur… à condition que l’on aie bien la même définition du bien-être (voir ci-dessous) ;-)

    Pomme : Il me semble que vous tournez autour du pot (ou plutôt du bocal).

    Je crois comprendre que quand vous évoquez votre bien-être de mère, vous voulez le bien-être de vos enfants, vous en avez 3 si je comprends bien.

    Vous êtes alors en train de me présenter 4 cailloux et vous essayez de tous les faire entrer dans le bocal en même temps. Ca ne marche pas, vous devez procéder par ordre.

    Lequel de ces cailloux décidez-vous de mettre en premier dans votre bocal ?

    Quand vous serez fixée là-dessus, vous saurez mieux gérer vos priorités et vous économiserez de votre énergie.

    A bientôt

    Patrick

  9. Mrs S Dit:

    J’aime beaucoup ce conte…

    Mon premier caillou serait mon bien être. C’est la base pour moi et pour pouvoir aller à mon deuxième caillou… le bien être de mes enfants (pour le moment leur propre bien être dépend du mien). Le troisième est le bien être de ma famille (mari, parents et frères et soeurs).

    J’entends par bien être de se sentir bien dans son esprit et dans son corps, être en adéquation totale avec soi-même, s’aimer et rester digne aussi…

  10. Pomme Dit:

    Me voilà bien ! prendre une décision pareille … relève du défi pour moi en ce moment !
    Bon, je réfléchis tout haut.
    Mais je continue à tourner autour du bocal … parce que je n’arrive pas à voir en moi une seule et même personne : je vois la mère et je vois la femme (l’ordre n’a aucune importance, pour info ;-) ).
    Soupir !
    La mère aujourd’hui, a un rôle important (auprès de ses 3 enfants, oui) ; la femme pour l’instant n’a pas de “rôle”, si on entend par là, femme/homme. En revanche, l’être humain tout entier, quand j’arrive à me l’imaginer, doit être bien. Allez, priorité à l’être humain… je sais, je n’ai pas avancé d’un chouia ! oooops !
    Aie aie aie …
    Pomme

  11. Patrick Dit:

    Mrs S : bienvenue sur partaje.fr et merci de partager vos gros cailloux.

    Votre premier gros caillou me semble bien intéressant, notamment sa description :

    “se sentir bien dans son esprit et dans son corps, être en adéquation totale avec soi-même, s’aimer et rester digne”

    Si effectivement vous êtes capable de le faire entrer dans votre bocal AVANT le bien-être de vos proches (et Dieu sait que ça peut-être dur pour une maman) alors c’est une excellente réponse, bravo à vous !

  12. Patrick Dit:

    Pomme vous tâtonnez, mais petit à petit vous avancez.

    Effectivement, il serait intéressant pour vous de commencer à vous définir et à penser en tant qu’”Etre Humain”, en tant qu’individu et non pas simplement en tant que mère de vos enfants où compagne d’un homme.

    Pour vous aider à comprendre pourquoi il est nécessaire de raisonner de cette façon, voici une autre question dérangeante ; pensez-vous réellement qu’il soit possible de faire le bien-être de quelqu’un d’autre que nous ?

    Je sais que votre déclic finira par venir… :-)

  13. Mrs S Dit:

    Disons que j’ai vécu une période douloureuse où j’étais très angoissée et j’ai ou constater à quel point ça pouvait rejaillir sur l’équilibre de mes enfants. Plus on se sent bien dans notre tête, plus ça “rajaillit” sur notre entourage… Et puis j’ai appris qu’être mère c’était aussi savoir laisser ses enfants commencer à se créer leur propre équilibre… et pas le créer pour eux. En tout cas c’est ce que j’essaie de faire…

  14. Patrick Dit:

    Mrs S, je crois qu’il ne faut pas essayer d’aller bien pour soulager ses enfants.

    Il vaut mieux aller bien en pensant à soi et laisser ses enfants apprendre à en faire autant, notamment en s’inspirant de nous.

    C’est beaucoup plus efficace et beaucoup plus respecteux.

    Même si ceux qui ont tout compris de la vie viennent nous taxer d’égoïsme… ;-)

  15. Mrs S Dit:

    Oui je suis d’accord avec vous. On n’essaie pas d’aller bien pour nos enfants, nos parents ou qui sais-je encore. On le fait pour soi et ensuite tout coule de source…

  16. Patrick Dit:

    ET oui… tant pis pour les idées reçues !

  17. Pomme Dit:

    Patrick,
    J’ai cru longtemps que je pouvais le bien des autres. Je continue à croire que je peux aider quand la situation se présente. Je crois que j’ai toujours voulu aider tant j’aurais aimé être aidée moi même. Je pense que j’ai donné ce que j’attendais des autres … oui …

    Vos échanges avec Mrs S. me font réfléchir …

  18. Pomme Dit:

    Je voudrais bien avoir votre avis sur la vie de : http://switchie2.wordpress.com

    Je me demande si à lui, on peut parler de gros cailloux. Tout mangé qu’il est par l’Alzheimer de sa maman.

    Et puis, je réponds à la question … je pense qu’on peut faire le bien être de nos enfants lorsqu’ils sont petits parce qu’ils ne peuvent se passer de nos soins et de notre amour.
    Je pense que plus grands, il faut les guider sur un chemin, celui que l’on croit le bon.
    Plus tard, ils se débrouillent et font avec ce qu’on leur a donné. Je vois ça chez mon fils aîné, chez le second qui apprend doucement aussi la vie. Je ne le vois pas encore chez mon petit qui n’est pas encore capable de vivre sans être accroché à moi, parce qu’ayant trop souffert du départ de son père.
    Je me sens éparpillée dans cette vie que je trouve un peu compartimentée de par les rôles que j’ai à tenir.
    J’ai parfois l’impression que tant que je n’aurais pas trouvé mon équilibre, je ne parviendrai pas à me reconstituée en tant qu’être humain.
    Pomme

  19. Pomme Dit:

    … oups … reconstituer .. je hais les fautes d’orthographe !

  20. Patrick Dit:

    Pomme,

    Je suis ravi de l’intervention de Mrs S qui enrichit le débat.

    Vous avez le droit d’aider, tant que ça ne met pas votre bien-être en danger, vous pouvez aider mais non sauver.

    Concernant Switchie 2 je vous invite à lire mon commentaire qui parle de la notion de choix :

    http://www.partaje.fr/accuser-.....omment-113

    Son cas est terrible. Quand je le lis, j’ai l’impression que c’est lui qui a la maladie d’Alzheimer.

    Il se sacrifie pour sa mère, c’est son choix et en cela je le respecte, mais de par ce choix, cette maladie fait 2 victimes au lieu d’1, en terme de bien-être.

    Si j’avais cette maladie, je ne crois pas que je demanderai cela à mes enfants.

    Comment peux-t’on dire à quelqu’un : “Soit heureux, parce que je me sacrifie pour toi ?”

    J’accepte le choix de Switchie, ça ne veut pas dire que je l’approuve, ni que je vais l’encourager dans ce sens, ni le prendre comme modèle.

    Pomme, votre bien-être, vous le concevez intellectuellement est sans doute votre premier gros cailloux. Tous les choix de votre vie doivent être fait en fonction de l’impact qu’ils auront sur votre bien-être, sinon vous ne pourrez maintenir celui-ci.

    Switchie se plaint, mais sa douleur est le résultat de ses choix, non de la maladie de sa mère.

    Alors pour faire avancer votre déclic, si le bien-être est notre premier gros caillou à tous, alors il ressemble à quoi ce fichu bien-être ?

    Parce que si vous ne savez pas à quoi il ressemble, vous risquez d’avoir du mal à faire vos choix pour lui… ;-)

    Alors, qu’est-ce que le bien-être ???

  21. Mrs S Dit:

    Je me permets d’intervenir, ce sujet me passionne…
    Le dernier commentaire de Patrick m’a un peu éclairée sur Switchie 2, que je ne connais pas du tout.
    Ce qui est dramatique dans son cas, ça n’est pas son choix en effet mais comment il le vit. Apparemment mal…
    La notion de sacrifice signifie qu’on se dévoue totalement à une personne ou à une cause par exemple. Logiquement ce choix doit nous rendre heureux… Il ne doit pas être une abnégation de soi “forcée” mais tout le contraire. Ce choix n’est pas discutable mais si Switchie 2 est malheureux alors il faut savoir se poser les bonnes questions…

  22. Pomme Dit:

    Il l’est sans l’être, il ne peut se résoudre à laisser sa mère s’éteindre loin de lui.
    Il voit ses larmes dans son regard, il fond de tendresse pour elle.
    Mais en même temps, il y laisse sa peau.

  23. Pomme Dit:

    Patrick,
    Je me pose la question depuis ce matin ! le déclic n’est sûrement pas loin, en effet !
    suite au prochain épisode.

  24. Patrick Dit:

    Pomme : quand vous aurez la réponse, vous aurez la clé pour gérer vos choix

    Mrs S : vos interventions sont les bienvenues, elles enrichissent respectueusement le débat et c’est bien le but de ce site… Merci et continuez

  25. Mrs S Dit:

    J’ai un peu l’impression que quelque soit son choix il sera malheureux de toute façon. C’est l’angle de vue qu’il faudrait changer, la vision… pas le choix peut-être…

  26. Patrick Dit:

    Mrs S : je suppose que vous parlez de switchie, oui, il aurait besoin d’élargir son regard sur cette situation.

    Je suppose que pour lui c’est une alternative ; soit il ne s’occupe pas de sa mère et il culpabilise, soit il s’en occupe et étouffe. Dans cette optique, je suppose que sa solution représente le moins pire de ses choix.

    Il est vrai que cette souffrance devrait disparaître avec le départ de sa mère, alors que la culpabilité risquerait d’y survivre.

    Un des pièges de ce choix, c’est qu’on risque d’en arriver à souhaiter la fin du parent et de quand même faire venir la culpabilité…

    Switchie aurait peut-être intérêt à trouver une solution intermédiaire entre délaisser et prendre en charge sa mère, un compromis.

    Cette maladie est très difficile pour les proches. Vivre au quotidien avec quelqu’un que vous aimez et qui ne vous reconnaît plus, quelqu’un qui se met en danger n’importe quand, quelqu’un qui n’a pas forcément le même rythme de vie que vous est extrêmement douloureux et inconfortable.

  27. Mrs S Dit:

    Oui je parlais bien de Switchie…
    Je suis d’accord avec vous : une solution intermédiaire permettrait de le maintenir dans un état d’équilibre.
    Un professionnel pourrait l’aider à la trouver, à la faire “surgir” de lui…

  28. nicolas Dit:

    Patrick dit : “alternative : soit il ne s’occupe pas et il culpabilise ; soit il s’occupe et il étouffe”.
    C’est ce qui s’appelle “aporie”. Et dont il parle ici :
    http://switchie2.wordpress.com.....n_a_faire/
    Sortir de l’aporie… Oui… Trouver un compromis ? Je pense qu’il va sûrement trouver. Puisqu’il sait déjà que ça s’appelle aporie.

  29. Patrick Dit:

    nicolas : bienvenue dans ce débat !

    Merci pour votre intervention, grâce à vous et à Switchie je découvre le mot aporie.

    Switchie est d’une culture remarquable, mais j’ai peur que sur ce point que vous citez, sa culture ne se retourne contre lui.

    En effet, l’aporie se rapporte à une situation qui n’a pas de solution, c’est ce que ressens Switchie, mais je ne crois pas que ce soit juste.

    Après tout, il y a des gens qui aiment leurs parents avec Alzheimer et qui trouvent une “tierce solution” située quelque part entre ces 2 extrêmes que sont le sacrifice et l’abandon.

    Comme le dit très bien Mrs S “C’est l’angle de vue qu’il faudrait changer, la vision”, à ce moment, switchie pour élargir ses choix et trouver une voie, qui lui permette de sortir de ce dilemme.

    Mais tant que Switchie considérera qu’il est dans une aporie, il croira qu’il n’y a aucune solution et ne cherchera pas à en trouver une.

    D’où l’intérêt de cette citation :

    http://www.partaje.fr/le-desespoir/

    Je pense aussi à l’histoire des 2 souris qui tombent dans un bol de crème, après un certain temps, la première se décourage et se dit qu’il n’y a pas d’issue, inutile alors de faire durer l’agonie et elle se laisse couler dans la crème, elle se noie. La seconde décide de lutter jusqu’au bout, même si elle ne voit pas de solution et elle continue à nager toute la nuit. Au matin, la crème s’est transformée en beuure et elle arrive à sortir du pot. Elle est sauvée.

    Switchie est dans le cas de la première souris, il ne fait rien qu’attendre la mort (de sa mère) en guise de solution.

    Switchie ne voit pas de solution, parce qu’il la cherche dans ses comportements, mais il devrait d’abord la chercher dans sa façon de penser.

    On a le droit de choisir nos comportements (souvent), MAIS on a aussi le droit de choisir notre façon de penser (toujours).

    Ce qui signifie, bien sûr, que Switchie a tout à fait le droit de continuer à penser de cette façon qui est la sienne jusqu’à maintenant…

    Au plaisir de vous lire de nouveau.

  30. Pomme Dit:

    Je m’en veux d’avoir parlé ici de Switchie… il m’a raconté comment il vivait tout cela et vraiment, personne ne peut se mettre à sa place, personne. Avec les meilleures intentions du monde !
    Désolée de couper court au débat.

  31. nicolas Dit:

    On peut également penser que Switchie est dans le cas de la deuxième souris ! Elle ne se décourage pas : au contraire elle lutte jusqu’au bout, même si elle ne voit pas de solution; et elle continue à nager jusqu’à ce qu’au matin, la crème se soit transformée en beurre. Pour précisément atténuer la chute de sa mère ! Et sortir elle même du pot après avoir réussi son coup. On peut aussi voir les choses comme ça non ? Je ne sais pas ce qu’en pensent les autres mais je trouve que votre histoire donnerait plutôt raison à ce que fait Switchie non ? : Se battre jusqu’à l’aube comme la chèvre de Mr Seguin, battant des pattes comme une malade jusqu’au bout pour faire durcir le beurre qui servira d’édredon pour atténuer la chute de sa mère ! Mais bon, il faudrait transmettre les contributions de ce forum à Switchie elle-même (ou lui-même).

  32. Patrick Dit:

    Pomme est gênée par le débat au sujet de switchie et par respect pour elle, je vais clore les commentaires sur ce sujet.

    Concernant Switchie, il est clair que mes avis ne sont que des avis extérieurs qui n’expriment que ma propre opinion, opinion qui peut bien sûr être loin de la réalité qu’il vit, notamment au niveau de l’aporie.

    Dans tous les cas, Switchie reste libre de ses choix qui ne sauraient être criticables et qui n’ont pas à être justifiés.

    Son cas a servi d’exemple pour illustrer cette notion si importante de “savoir gérer son bien-être en priorité et avec ses choix”, il ne s’agissait en aucun cas de déterminer ce qu’il devrait faire et encore moins de lui faire une quelconque leçon sur sa façon de gérer sa vie.

    Je tenais à préciser ceci avant de fermer ce fil de discussion, en espérant ainsi ne pas avoir manqué de respect à Switchie.

  33. Patrick Dit:

    Après discussion avec Pomme, je rouvre donc le fil des commentaires concernant “les gros cailloux”, simplement je demanderai à tous les participants de ne plus évoquer le cas de Switchie pour les raisons précédemment évoquées.

    A Vos claviers ;-)

  34. anoukis Dit:

    Bonjour vs tous !!!
    J’ ai lu avec bcp d’attention tout ces commentaires sur Le bocal et sur Le caillou ne sachant pas moi meme ce que je mettrai en premier ds mon bocal, tout en écrivant cela je sais pertinemment que ce sont mes enfants qui prendraient place tout les deux en priorité ds mon bocal.Je suis en ce moment incappable de penser priorité sans penser à eux. Et meme pr cela s’ il n’y avait plus ds place ds mon bocal pr moi, pr la vie que je voudrais vivre et non pr celle que je vis actuellement. Mais comme je ne sais pas de quoi demain sera fait.je ne sais par ou finira ou commencera demain ma vie, je ne sais pas ou je vais …. mais tout ce que je sais c’est que mon bocal je le tiens tout contre moi,serré ds mes bras , mes enfts y sont déjà et ne reste qu’ une place ds ce bocal pr moi et la vie que j aurai un jour défini ………… ……
    Voila ds mon bocal à moi , il n’y a pas plus de place pr d autres cailloux.
    Je ne sais pas si j’ai été assez claire ds mon commentaire, mais j’ai écris les mots sortant droit de mon être .
    Bissoussssssss à toi Ma Pomme

  35. Patrick Dit:

    Bienvenue à vous anoukis.

    Je rappelle que chacun met ce qu’il veut son bocal. J’attire simplement votre attention sur le fait que si vous y mettez quelqu’un d’autre que vous et que cette personne décide de sortir de votre bocal, il va être bien vide ce bocal.

    Ou si cette personne se trouve dans une situation difficile, ses difficultés vont entrer dans votre bocal alors que ce n’est pas leur place.

    Chacun fait ce qu’il veut mais devrait prendre conscience des risques issu de ses choix…

    A bientôt j’espère…

  36. anoukis Dit:

    Bonjour Patrick
    Je suis entièrement d’accord avec vous, c’est bien pr cela que pendant le temps de ma réflexion, personne d’autre ne prendra place dans mon bocal, mis à part mes enfants et moi.
    Je suis trop perdue là au moment ou je vous parle, alors je vais en rester là pour aujourd’hui.
    J’ai apprécié ce billet sur ” les cailloux et le bocal, il m’a interpellé alors je m’y suis arrêtée tout simplement.
    Merci d’avoir pris le tps ,de me lire et de répondre.

  37. Patrick Dit:

    Avec plaisir, revenez quand vous voulez :-)

  38. Pomme Dit:

    Ho ! je vois que l’on me reconnait ici maintenant !
    Anoukis, tes enfants grandissent et vivent leur vie, ils ont encore besoin de toi mais beaucoup moins qu’avant.
    Et tu devrais même, peut être, leur offrir leur propre bocal, histoire qu’il leur pousse des ailes.
    Le “sacrifice” de ne vivre que pour eux est la première chose que je regarde aujourd’hui, par rapport à ma propre vie.
    J’ai besoin de vivre autre chose, je me creuse la tête pour en trouver les moyens, et me les offrir.
    @ Patrick : bingo ! je viens de comprendre cette notion de problèmes qu’on récupére des autres en les mettant dans notre bocal ! merci !

  39. Patrick Dit:

    Pomme : et un déclic, un !!! ;-)

  40. Pomme Dit:

    Vous n’imaginez pas à quel point !
    voilà que je me dis : ho la ! mais dis donc, Pomme, tu n’aurais pas tendance à ne pas savoir dire : “stop” et “non” ?
    Voilà que je me rends compte que je prends du temps pour beaucoup de gens … à la recherche de reconnaissance … et je me noie ! Je me noie parce qu’arrivé à un certain stade, je n’arrive plus à gérer.
    M’en vais de ce pas privilégier l’important.
    (si vous saviez les chemins que j’ai pris dans la tête pour en arriver là …).

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