Les 2 Frères

Ecrit par Patrick le 31 octobre 2007 – 3:25 -

Imaginez 2 enfants… 2 frères… 2 frères jumeaux… des vrais jumeaux…

Twins par hlimaIls ont été conçus au même instant, ils sont issus du même ovule fécondé et se sont développés dans le même ventre. Ils vont venir au monde pratiquement au même instant. Génétiquement, ils sont identiques. Culturellement, aussi. Ils vont recevoir la même éducation, partager les mêmes amis, les mêmes activités, ils auront les mêmes professeurs, etc…

En fait on ne pourra pas trouver 2 êtres humains plus identiques que ces 2 frères. Ils sont d’ailleurs tellement identiques qu’on les appelle simplement les jumeaux, sans même les différencier.

Mais un jour, ils ont alors peut-être 10 ou 11 ans et les choses se mettent à changer. Ils commencent à souffrir de n’être chacun que la moitié des jumeaux et fatigués d’êtres identiques, en quête d’individualité, ils commencent à chercher leurs différences.

Ce sont des garçons, pour eux la principale différence et sans doute la plus intéressante, c’est la force. Un des 2 frères est-il plus fort que l’autre ? Voilà une question intéressante…

Or, ce jour-là, les garçons étaient en vacances à la plage, au bord de la mer. Devant eux se trouve l’Océan et tout naturellement il leur vient un moyen infaillible pour déterminer lequel d’entre eux est le plus fort.

Un Défi !!!

oh yeah?... par [phil h]C’est par un défi qu’il vont enfin savoir et quel défi ! Il va s’agir de nager dans l’Océan, tout droit vers le large, et celui des 2 qui nagera le plus loin, celui-là sera le plus fort !

C’est un défi terrible. Pour gagner chacun des enfants va devoir estimer le plus exactement possible la distance qu’il peut nager avec la moitié de ses forces, car il doit garder l’autre moitié pour le retour. En fait il est probable que les 2 frères soient d’une force équivalente.

Ce qui fera alors la différence, c’est la précision de leur évaluation de leur force. Si un des garçons se sous-estime, son frère risquera d’aller plus loin que lui et il perdra le défi. Par contre, s’il se sur-estime, il risque de dépasser le point de non-retour et de ne pas revenir sur la terre ferme. Il sera alors perdant, mais dramatiquement.

Phelps en crawl par sagicelLe défi est lancé ! Et les 2 frères se jettent à l’eau, nageant vers le large, le plus loin possible… A peu près au même endroit, ils commencent à faire demi-tour et c’est là que les ennuis débutent…

En effet, après avoir pris le chemin du retour, ils réalisent qu’il y a dans l’eau un courant sous-marin, un courant qui part vers le large. L’instant est grave ! Cela signifie que pendant la première partie de leur défi, ils ont été, à leur insu, portés par le courant qui les a ainsi amenés bien plus loin que la distance qu’ils auraient simplement parcouru avec la moitié de leur forces. Et maintenant, pour rejoindre la plage, il vont devoir lutter contre ce même courant ! Logiquement, il vont avoir besoin de bien plus de forces que la moitié qu’ils ont économisée pour pouvoir survivre !!!

En fait, pour pouvoir toucher terre, ils vont devoir se dépasser, puiser dans leurs ultimes réserves pour réaliser l’impossible et revenir vivant malgré l’implacable logique qui veut qu’ils meurent dans cette épreuve.

Et ils vont le faire ! Tous les deux vont réussir l’impossible, mu par un formidable instinct de survie, ils vont finir par rejoindre la plage.

Et à ce moment-là, quand ils sortent de l’eau, tout jumeaux qu’ils soient, on peut très bien imaginer qu’ils vont réagir très différemment à cette aventure.

On peut imaginer, par exemple, que le premier frère à sortir de l’eau va être grandi par cette expérience qui lui a révélé qu’il a, cachées au fond de lui, des forces insoupçonnées qui lui permettront de se tirer des situations difficiles qu’il rencontrera dans sa vie. Il est alors en train développer sa confiance en lui.

On peut également imaginer que le second frère qui sortira de l’eau sera, lui, fragilisé par cette expérience qui lui aura appris que dans la vie, il y a des pièges mortels qu’on ne voit pas s’approcher. Aujourd’hui il a eu la chance de s’en tirer, mais la chance sera-t-elle là, la prochaine fois ? Il commence alors à craindre l’avenir et à douter de lui…

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5 Commentaires à “Les 2 Frères”

  1. Patrick Dit:

    Cette métaphore est très riche et nous propose plusieurs enseignements…

    J’invite les lecteurs à lancer un petit “Partaje” de points de vue sur ce que nous pouvons retirer de ce texte.

    Laissez vos commentaires ci-dessous !

  2. Pomme Dit:

    Je suis revenue plusieurs fois sur ce conte sans pouvoir expliquer ce que je ressentais.
    J’ai compris ce soir, au bout de la … x° lecture : il interpelle notre inconscient plus que notre conscient. Le tout est de laisser le temps pour que ça passe de l’un à l’autre. (comme les fameux déclics)

    Et oui, tout dépend comment on choisit de regarder le monde et surtout comment on choisit d’interprêter nos expériences (mais choisit-on ?).

    Je pense que cela dépend de l’état d’esprit présent.
    Et si le second frère prenait conscience plus tard qu’il avait cette capacité à se dépasser lui même …
    Et si le premier frère réagissait plus tard aussi à l’inverse de sa première réflexion ?
    Avons nous tous la capacité d’appréhender les mêmes visions des choses ?
    La preuve que non, puisque les deux frères quasi identiques ne le font même pas eux mêmes !

    Lorsqu’un défi se présente à nous, si cela dépend de notre survie de le relever, que nous y parvenons, je suis persuadée que tôt ou tard, on se rend compte de la force que nous avons eue à ce moment là.

    Je dis bien tôt ou tard car il nous sera toujours donné régulièrement l’occasion de raconter cet exploit.
    Le raconter ranimera des émotions qui finiront par nous ouvrir les yeux sur le vrai message que nous avions à comprendre à ce moment là.

    Alors, soyons à l’écoute de nos émotions, et de nos déclics !

    Pomme

  3. Patrick Dit:

    Pomme, c’est un réel plaisir de vous suivre dans votre réflexion (consciente et inconsciente)…

    Voici de quoi alimenter un peu plus votre réflexion :

    - “tout dépend comment on choisit de regarder le monde et surtout comment on choisit d’interpréter nos expériences (mais choisit-on ?)”

    Oui, et à votre avis, peut-on choisir ou non ???

    - “Le raconter ranimera des émotions qui finiront par nous ouvrir les yeux…”

    Ne craignez-vous pas que le raconter ne fasse simplement que faire revivre les vieilles émotions ?

    - “…sur le vrai message que nous avions à comprendre à ce moment là”

    Comment reconnaître le vrai message ?

    - “Alors, soyons à l’écoute de nos émotions, et de nos déclics !”

    Etes-vous en train de nous dire qu’il faut apprendre de ses expériences afin d’éviter de subir sa vie (voir http://www.partaje.fr/lexperience) ???

  4. Pomme Dit:

    En voilà de bonnes remarques ….

    Je pense que tout est lié à notre expérience : que l’on choisisse de se lever le matin en se délectant d’écouter les oiseaux est un état d’esprit, que l’on choisisse en revanche de trainer les pieds … en est un autre.

    Je pense qu’il faut choisir de voir la vie côté sourire.
    Parfois une simple phrase peut ouvrir les yeux aux gens tristes et qui se lamententent du matin au soir.
    J’ai fréquenté longtemps des gens comme ça, avec la réelle envie de les aider.
    Je me suis rendue compte qu’ils ne savaient pas vivre autrement pour la plupart parce que “formatés” ainsi depuis des années.
    Alors, cette vision positive de la vie, je la fais passer aux ados qui traversent ma vie et dont j’ai parfois la charge.

    Je leur apprends une chose simple : cesser de regarder le monde avec envie, déterminer ce que l’on voudrait et se donner les chances pour les atteindre.

    Quant aux vieilles émotions qui risquent de remonter en surface, cela dépend justement de notre capacité à être à l’écoute de nous même.
    Cela dépend aussi de la réaction de l’autre.
    Lorsque je raconte à mes parents par exemple des anecdotes de mon quotidien qui ne sont pas toujours trés positives mais qui m’ont appris bien des choses, je les vois se métamorphoser, l’oeil inquiet.
    Si je choisis de suivre cette inquiétude, il est certain que mes émotions vont être négatives !
    Si je choisis de regarder ce que j’ai appris de ces moments de ma vie, il est certain que j’en tirerai du positif !

    Je crois aussi que raconter des moments de notre vie qui ont été importants (malheureusement la nature humaine fait qu’on entend plus de négatifs que de positifs) nous permet de passer de l’inconscient au conscient.

    Mais tout ceci nous raméne encore et toujours à cette capacité d’ouvrir les yeux, “d’entendre les messages” et d’en faire quelque chose de bon pour nous.

    Je n’ai pas de mode d’emploi, c’est quelque chose que j’ai appris doucement, au fil de ma vie.
    Ma première expérience remonte à une psychanalyse d’où je sortais avec des bébés plein les bras, sans savoir qu’en faire.
    Bien souvent, il ressortait de ces séances des questionnements énormes ou des prises de conscience épouvantables.

    Au fil du temps, j’ai appris à laisser faire, à ne me poser aucune question, à attendre que tout décante.
    Les bébés ont grandi avec moi.

    Vraiment, non, désolée, pas de mode d’emploi sinon le seul et unique : comment reconnaitre un message ? : tout ce qui nous interpelle doit nous donner objet à réfléchir.
    ça me fait quoi ? pourquoi ça m’interpelle ? …

    J’ai une devise qui me colle à la peau : “La vie nous apporte toujours au bon moment ce dont on a besoin.”
    A force d’avoir vérifié cela, je ne me fais plus un monde de ce qui m’arrive, j’essaie juste de comprendre le message ou de savoir ce qu’il va advenir. Et je suis patiente !!!!!!

    Je pourrais parler pendant des heures sur ce sujet … inépuisable source !

    Je pense avoir répondu de façon directe ou indirecte à chaque question posée ! … qui en améneront d’autres … ! :o)

    Pomme

  5. Patrick Dit:

    A travers toutes vos réponses, on sent votre vécu et la sagesse que vous en avez retiré.

    Je n’ai rien à ajouter à vos réponses, elles resplendissent de leur humanité…

    Vos questions et réflexions restent les bienvenues…

    Patrick

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